Sombernon en 1955 : deux cadavres découverts au fond d’un puits, une affaire remontant à 1944
Sombernon en 1955 : deux corps découverts au fond d’un puits, dix ans après la Libération
En mai 1955, la découverte macabre de deux corps au fond d’un puits abandonné près de Sombernon, en Côte-d’Or, fait ressurgir un épisode tragique de la fin de l’Occupation. Selon Le Télégramme, les victimes auraient été exécutées en juillet 1944, après avoir été accusées de dénonciation auprès de la Gestapo.

Une découverte macabre près de Sombernon
Le 23 mai 1955, un ouvrier entreprend de remettre en état un puits abandonné à quelques kilomètres de Sombernon, près de Dijon.
Le fond du puits est presque entièrement cimenté. Intrigué, l’ouvrier remonte chercher un pic et attaque la couche de mortier.
Après quelques coups, un premier indice apparaît : un crâne humain.
En poursuivant le dégagement, les restes de deux personnes sont découverts sous le ciment.
La coupure de presse publiée à l’époque présente alors une affaire remontant aux derniers mois de l’Occupation.
Un couple disparu en juillet 1944
D’après l’article, les restes seraient ceux de deux personnes vivant dans un village voisin de Malain.
Le journal explique que les deux victimes auraient fait l’objet de nombreuses dénonciations auprès de la Gestapo en raison d’actes qui leur étaient reprochés pendant l’Occupation.
Une enquête aurait alors été menée par des responsables de la Résistance.
Toujours selon le récit publié par la presse, les deux personnes auraient finalement été abattues en juillet 1944, puis jetées dans le puits.
Une fosse dissimulée sous le ciment
L’article livre un détail particulièrement saisissant sur la manière dont les corps auraient été dissimulés.
Après l’exécution, les dépouilles auraient été placées dans le puits. Une trentaine de sacs de ciment auraient ensuite été versés afin de remplir le fond et de cacher les corps.
Ce dispositif explique pourquoi la découverte n’intervient qu’environ onze ans plus tard, lorsque le puits est rouvert et que son fond cimenté attire l’attention de l’ouvrier.
Le témoignage du « capitaine Malgache »
Pour expliquer l’origine de cette affaire, Le Télégramme rapporte les déclarations de Léon Bertrand, présenté dans l’article comme fondateur d’un maquis surnommé « Madagascar » et connu dans la région sous le pseudonyme de« capitaine Malgache ».
Selon la coupure, Léon Bertrand aurait déclaré que les deux cadavres étaient ceux de deux personnes exécutées sous ses ordres et en sa présence le 19 juillet 1944.
Le journal rapporte également que l’enquête conduite à l’époque aurait abouti à une condamnation à mort.
Ces éléments proviennent du récit journalistique de 1955 et mériteraient d’être confrontés aux archives administratives, judiciaires et aux documents de la Résistance avant d’être considérés comme définitivement établis.
Une enquête judiciaire qui restait à établir
La découverte intervient près de onze ans après les faits relatés.
La coupure indique que la gendarmerie aurait été informée, mais que le parquet militaire de la Libération aurait refusé d’ouvrir une enquête. Le journal précise toutefois que la question d’une éventuelle enquête judiciaire restait alors posée.
L’article de presse s’arrête donc au moment de la découverte des corps et ne permet pas, à lui seul, de connaître les suites judiciaires de l’affaire.
Une piste de recherche pour les généalogistes
Cette coupure constitue un exemple intéressant de la valeur de la presse ancienne pour la recherche généalogique et l’histoire locale.
Pour approfondir cette affaire, plusieurs types de documents pourraient être recherchés :
- les registres de décès et tables décennales de Sombernon, Malain et des communes environnantes ;
- les archives de gendarmerie relatives à la découverte de mai 1955 ;
- les éventuelles procédures judiciaires consécutives à la découverte des corps ;
- les dossiers et témoignages relatifs aux maquis de Côte-d’Or ;
- les autres journaux régionaux de mai et juin 1955 relatant l’affaire ;
- les archives permettant d’identifier formellement les deux victimes.
Le croisement de ces sources pourrait notamment permettre de déterminer l’identité exacte des deux personnes découvertes et les éventuelles suites données à l’affaire après la publication de l’article.
Source
Le Télégramme, 24 mai 1955, coupure de presse intitulée :
« Au fond d’un puits en Bourgogne : deux cadavres enrobés dans une gangue de ciment »
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