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Archives de la guerre 1914 1918.

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19-02-2014 21-16-41

Vidéo après les combats de Bois-le-Prête

Ce film est un témoignage exceptionnel. En effet, il a été réalisé par des combattants et nous montre des scènes surprenantes révélatrices de la vie quotidienne des soldats et de la mort de masse.

Les soldats ont abondamment participé, dès les premières heures de la mobilisation, à la mise en image du conflit. Partis au front avec leur carnet de croquis ou leur appareil photographique, ils ont documenté la guerre pour eux ou pour leurs proches. Ils témoignent ainsi visuellement de ce qu’ils voient au quotidien, des sociabilités entre les hommes et des horreurs du conflit. Dans ce contexte, le film « Bois Le Prêtre » conservé par la BDIC est un témoignage exceptionnel à double titre. Il est d’abord très rare que des combattants aient pu filmer au front. Le coût du matériel réservait déjà la pratique cinématographique à quelques initiés. Le poids et l’encombrement du matériel rendaient l’utilisation d’une caméra peu adaptée à l’étroitesse des tranchées. Il fallait également opérer, en principe, en dehors du contrôle du commandement. Dès août 1914, l’Etat-major interdit aux troupes de photographier la guerre. Ces interdictions n’évoquent pas les films, mais c’est sous-entendu.

À ces conditions qui rendent l’existence de ce film restauré par le CNC déjà remarquable, s’ajoutent des scènes surprenantes, tant certaines tranchent avec ce que les hommes et les femmes de 14 peuvent voir diffusés à cette époque au cinéma. Il y a bien sûr des plans qui montrent la vie quotidienne des soldats, la vie dans le village de Jézainville à l’arrière du front ou encore une remise de décoration. Mais il y a surtout ces cadavres français empilés sur une charrette avant d’être enterrés. Cette séquence, qui ouvre le film, est stupéfiante. Elle dévoile la mort de masse et une certaine forme d’habitude à son égard. Le point de vue n’est pas voyeuriste. Pour le soldat qui tourne, il s’agit de montrer la réalité de cette guerre.

Ce combattant, qui est-il ? Albert Gal Ladevèze, un soldat du 168ème régiment d’infanterie, probablement. C’est ici un autre versant captivant de ce film. Les bobines, ainsi qu’un album photographique ont été donnés à la BDIC en 1953 par madame Gal Ladevèze. Son frère est vraisemblablement l’auteur des images. Mais la boîte qui conservait l’album contenait également une enveloppe adressée à Jean Cordey, présent lui aussi en 1915 dans le secteur de Bois le Prêtre avec le 167ème régiment d’infanterie. D’où la confusion jusqu’à encore très récemment sur l’auteur du film.



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